Wesley Meuris

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Museum of the Futures

13 June - 27 August 2016

Solo show, curated by Jill Gasparina

Le Confort Moderne hors les murs, Salle des pas perdus, Palais de Justice, Poitiers, France

 

www.confort-moderne.fr

 

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Le Musée des futurs est un musée dédié à la vulgarisation des images du futur.
Il se divise en trois sections.
La première est consacrée à l’histoire des images et des méthodes d’appréhension de l’avenir, de l’Antiquité à nos jours. Elle s’appuie sur un système de classification rigoureux.
La seconde propose de se plonger, aujourd’hui, dans différents futurs possibles, plausibles, préférables ou souhaitables à partir d’images, de vidéos et de fac-similés.
Au centre de l’espace, enfin, une grande structure vide propose au visiteur une présentation du futur, sous la forme d’une expérience spatiale, physique : le futur y est vécu comme distant, impossible à atteindre, quelque chose existant par-delà un seuil qu’il n’est pas possible de franchir aisément.
L’ensemble a été construit spécifiquement pour l’architecture monumentale de la Salle des Pas Perdus du Palais de Justice de Poitiers, édifiée par Aliénor d’Aquitaine au XIIème siècle.
Bien entendu, le Musée des futurs est totalement fictionnel. Si l’appareillage institutionnel existe bel et bien physiquement – sous la forme de cartels, textes muraux, documents de visite, mobilier d’exposition, supports de communication au vocabulaire générique–, et conceptuellement – sous la forme de multiples jeux de classification des connaissances — le musée est en lui-même une invention de l’artiste Wesley Meuris.
Wesley Meuris est sculpteur, dessinateur, graphiste, éditeur, mais c’est « l’exposition, ses formats, ses savoirs et ses institutions » qui sont au cœur de sa pratique. A la sortie de la formation d’Art et design à Sint-Lukas à Anvers, il commence à produire des séries de sculptures qui, comme l’analyse Florence Ostende, s’identifient d’emblée à des thématiques foucaldiennes : Meuris produit des sanitaires, vestiaires, piscines, cages de zoo, qui font tous, à leur manière, référence au contrôle du corps, à l’enfermement, à l’hygiénisme et aux différents ordres du discours et de la classification des savoirs.
Peu à peu, son travail s’oriente néanmoins vers un ensemble de projets dont la dimension fictionnelle s’avère de plus en plus prégnante, et qui viennent explorer les conditions matérielles et conceptuelles de l’exposition.
La pratique de Wesley Meuris peut donc être comprise comme une forme de spéculation à propos des institutions artistiques. Comme l’écrit Christophe Kihm, « l’anticipation plonge toute sa production artistique dans un régime de fonctionnement proche de la science-fiction ».
Il faut ajouter une remarque à cette analyse de l’importance de la fiction comme support d’une critique discrète mais déterminée des langages du monde de l’art par Meuris.
En dépit des formes glacées que prennent ses expositions, son travail est tout entier tendu par une forme d’humour grinçant. On peut ainsi le rattacher au « conceptualisme excentrique » d’artistes comme Marcel Broodhaers comme le propose Florence Ostende, ou encore Guillaume Bijl. L’organisation cauchemardesque des objets et des données (les bibliothèques, les data centers, les centres d’archive, les musées, les sites internet, les encyclopédies…), et les projets de rationalisation qui la sous-tendent sont mis en évidence par Meuris avec une puissante ironie. Ses expositions et ses livres sont des pastiches, d’institutions, de catalogues d’artistes, d’archives.

Commissariat : Jill Gasparina